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Une interview de l’homme qui a amené le concept de Pleine Conscience

Une interview de l’homme qui a amené le concept de Pleine Conscience

Voici une interview de l’homme qui a amené le concept de Pleine Conscience dans notre culture occidentale, Jon Kabat-Zin.

Il aime à dire que nous ne sommes pas seulement nos pensées.  Mais qui est il vraiment  ?

Cette interview du magazine Psychologies que je reproduis ici dans son intégralité permet de retracer son parcours et comment il en été amené à rendre cette pratique si connue aujourd’hui.

Voici l’interview que vous pouvez aussi retrouver sur le site du célèbre magazine (je me suis permis de mettre en gras certaines de ses réponses que je trouve intéressantes) :

 

 

Formé au célèbre Massachusetts Institute of Technology (MIT), le biologiste américain Jon Kabat-Zinn a été le premier à proposer, dès 1979, la méditation comme remède. À l’occasion de la sortie de son dernier livre, nous avons rencontré en exclusivité l’un des pères fondateurs de la médecine corps-esprit.

Sylvain Michelet, psychologies magazine

Psychologies : Comment vous est venue l’idée d’adapter des pratiques méditatives bouddhistes à la réduction du stress ?

Jon Kabat-Zinn : Je suppose qu’à l’origine, on trouverait chez moi le désir inconscient de réconcilier mes parents. Mon père était un biologiste renommé, ma mère une artiste prolifique mais inconnue. Très tôt, ces deux façons radicalement différentes d’appréhender le monde m’ont semblé chacune incomplète et – comme c’était souvent le cas pour mes parents – incapables de communiquer entre elles. Cela m’a conduit à m’interroger sur la nature de la conscience : avant d’être imprégnés par l’une ou l’autre de nos façons de concevoir le monde, comment « savons-nous » ? Comment « prenons-nous conscience » de ce qui est ?

Mon intérêt pour la science est parti de là. Étudiant, j’ai commencé à pratiquer la méditation, le zen, le yoga, les arts martiaux… Le désir de relier ces pratiques avec le métier de scientifique est devenu de plus en plus fort. Quand j’ai obtenu mon doctorat en biologie moléculaire, j’ai décidé de consacrer ma vie à ce projet : adapter la méditation bouddhiste, en lui ôtant son aspect religieux, pour l’intégrer à un programme de soins scientifiquement contrôlable et philosophiquement acceptable par tous.

Avez-vous rencontré des difficultés pour créer votre clinique ?

J’étais titulaire d’un doctorat, obtenu au célèbre Massachusetts Institute of Technology auprès d’un prix Nobel, et je travaillais dans le monde médical. Face à de telles références, les autorités se sont dit que je devais savoir ce que je faisais. Devant le succès, elles m’ont rapidement soutenu. Ainsi est née la MBSR, un programme de réduction du stress en huit semaines, comprenant une séance en groupe hebdomadaire et une heure par jour de pratique à domicile, à l’aide de cassettes audio. Peu à peu, les applications ont été étendues à l’anxiété, aux phobies, à l’addiction, à la dépression…

Quel type de méditation employez-vous dans ces programmes ?

Nous utilisons diverses pratiques méditatives – certaines sous forme d’exercices précis, d’autres plus informelles –, toutes basées sur le développement de la « pleine conscience », ou mindfulness. Cette forme d’attention est considérée comme le cœur de la méditation bouddhiste. Ma définition la plus rapide en est : la conscience qui émerge quand on porte intentionnellement son attention sur le moment présent sans juger – ni lui, ni soi. C’est une attitude qui prédispose à la paix de l’esprit et du cœur, à la compassion, à l’amour. Nous l’enseignons d’une façon qui, nous l’espérons, respecte l’esprit de la voie bouddhiste, le dharma, mais dans un langage universel et laïc.

Les exercices que je propose comportent notamment le body scan (couché, on se concentre sur ses sensations dans chaque partie du corps) ; la méditation assise, où l’attention se porte sur différents objets (respiration, sons, pensées, images mentales) ; ou encore l’entraînement à une attention sans objet ni effort, appelée « attention sans choix » par le philosophe indien Jiddu Krishnamurti. On dit aussi : « présence ouverte ». Nous enseignons également la marche consciente, le yoga conscient, et même le fait de manger en conscience. Quant aux pratiques informelles, elles consistent à appliquer, moment après moment, cet état d’esprit ouvert et sans jugement à diverses activités quotidiennes : s’occuper des enfants, des courses, de la cuisine ou du ménage, faire de l’exercice, être en famille… sans se laisser distraire par son discours intérieur, mais en restant attentif à ce que l’on fait et à ce qui vient (sensations et expériences).

Finalement, la vie elle-même devient une pratique de méditation, car le défi est de ne pas perdre le seul moment où nous sommes réellement vivants, c’est-à-dire le présent, l’ici et maintenant.

Quelles maladies la méditation guérit-elle ?

La liste des maladies où elle s’est montrée utile ne cesse de s’allonger. Mais cela dépend de ce que l’on entend par guérir. Est-ce restaurer l’organisme pour qu’il soit comme avant la maladie ou l’accident (to cure en anglais) ? Ou bien est-ce accepter et assumer la situation
telle qu’elle est, avec ses maux, mais dans le plus grand confort possible (to heal) ? Dans le premier sens, guérir n’est pas toujours faisable, même avec le meilleur traitement de la médecine actuelle. Mais dans le second, guérir est possible tant que nous sommes en vie. C’est l’une des choses que les patients apprennent – mieux, dont ils font l’expérience – en pratiquant la MBSR ou d’autres méthodes basées sur la pleine conscience, à usage médical ou psychologique.

Pour nous, il s’agit d’une « médecine participative » : elle conduit le patient à s’engager personnellement vers de plus hauts niveaux de bien-être et de santé en optimisant ses propres capacités autorégulatrices. Le travail de méditation est un complément précieux à la « guérison » qu’apporte – ou pas – le traitement médical ou chirurgical.

Au fond, vous proposez une nouvelle approche de la maladie et du malade.

Oui, il s’agit de placer la notion de soin au cœur de la thérapie, en accord avec les principes d’Hippocrate. Ces principes ont fondé la médecine moderne, mais ils sont aujourd’hui négligés, parce que les médecins sont contraints de traiter le maximum de patients en un minimum de temps. L’entraînement à la pleine conscience peut d’ailleurs les aider eux aussi, comme en témoigne le succès de nos programmes pour les professionnels de santé.

En avez-vous personnellement bénéficié ?

Nul ne peut animer un programme basé sur la pleine conscience s’il ne médite pas lui-même. Personnellement, la méditation a transformé ma vie. Je me demande si je serais encore vivant si je n’avais pas commencé à pratiquer à l’âge de 22 ans. Cela a réconcilié tous les aspects de mon existence et de ma personnalité, tout en répondant à la question : « Que vais-je pouvoir apporter au monde ? » Je ne connais rien de mieux que la méditation pour apprendre à être présent dans sa vie et dans ses relations, aussi difficile que cela puisse parfois être. J’aime dire que la pleine conscience est simple, mais pas facile ; c’est un dur travail, mais à quoi d’autre sommes-nous destinés ? Ne pas s’y employer, ce serait rater tout ce qu’il y a de meilleur, de plus profond et joyeux dans nos vies, parce que nous sommes « perdus » dans notre mental, à vouloir être mieux, ailleurs, sans réaliser la richesse du moment présent.

C’est donc une façon de vivre et une pratique préventive plutôt qu’une thérapie…

Mais non, je vous l’ai dit, les effets curatifs sont amplement prouvés – simplement, ce n’est pas un médicament ou une intervention classique. Évidemment, la méditation a aussi un effet préventif : en prenant du temps pour écouter vos sensations, vous augmentez vos chances d’être averti si quelque chose cloche ! En outre, méditer renforce le système immunitaire et la capacité à assumer le présent.

Or, plus votre santé physique et mentale est robuste, mieux vous résistez au stress et aux processus maladifs, et plus vite vous vous rétablissez quand vous tombez malade. Je parle d’une optimisation de la santé à travers la vie entière. Les objectifs changent donc à mesure que nous vieillissons…

N’y a-t-il pas de contre-indications ?

Je répondrais volontiers que non, même si mes collègues de la MBCT déconseillent la méditation en cas de phase dépressive aiguë, estimant qu’elle risque d’aggraver la rumination d’idées noires, qui en est le moteur. À mon avis, le problème principal est la motivation. Si elle est faible, difficile de pratiquer la pleine conscience : cela demande un changement immédiat de mode de vie, puisqu’il faut s’accorder du temps à la fois pour les exercices formels de méditation et pour l’entraînement à la présence consciente dans l’activité quotidienne.

Puisque ça marche, pourquoi la méditation n’est-elle pas utilisée à l’hôpital ou en clinique ?

Mais elle l’est ! Plus de deux cent cinquante hôpitaux et cliniques dans le monde proposent des programmes de MBSR ou de MBCT, et le chiffre augmente chaque année. J’ai le sentiment que la culture médicale française résiste quelque peu, alors que dans d’autres pays comparables, ces méthodes sont en pleine expansion et ont été acceptées par la médecine depuis des années, et plus récemment par la psychologie. Je suis moi-même professeur émérite de médecine à l’université du Massachusetts, et dès que nos résultats sont apparus, j’ai bénéficié, aux États-Unis, du soutien entier des responsables des services de médecine et de chirurgie, comme des autorités médicales ou universitaires. Des facultés de médecine d’universités aussi prestigieuses que Stanford, Duke ou Harvard enseignent la MBSR. Les programmes sont remboursés par l’une des principales compagnies d’assurance-maladie en Amérique (Kaiser Permanente).

 

 

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De la pleine conscience au Bonheur

De la pleine conscience au Bonheur

La pleine conscience est un sujet à la mode et c’est tant mieux. Ce 23 octobre 2009 était organisée à Bruxelles une journée interdisciplinaire d’étude sur la pleine conscience avec Matthieu Ricard, Christophe André, Pierre Philippot et Thierry Janssen, acteurs très connu de la pleine conscience.

Cette journée interdisciplinaire d’étude sur la pleine conscience a pu montrer deux visions possibles de la pleine conscience :

  1. une vision de la pleine conscience en tant qu’outil de développement personnel ou thérapeutique
  2. et une vision de la pleine conscience en tant qu’attitude existentielle.

Rappelons que la pleine conscience (ou « mindfulness » en anglais) est un thème central de la philosophie bouddhiste.

Selon John Kabat-Zinn, le précurseur des applications cliniques de ce concept, la pleine conscience signifie « faire attention d’une manière particulière : délibérément, au moment présent et sans jugement de valeur. »

L’étude de la mindfulness et de ses effets est aujourd’hui au cœur des recherches scientifiques en neurosciences affectives.

Ces recherches ont montré que la pratique de la mindfulness pouvait avoir des effets bénéfiques sur le système immunitaire, la gestion des émotions, l’anxiété et la dépression.

L’utilisation de la pleine conscience en tant qu’outil thérapeutique est déjà fort connue dans le traitement de la dépression, de l’anxiété, la gestion du stress et la régulation de l’humeur en général.

Les effets mesurés sur la réduction de la tension artérielle, du rythme cardiaque, des maladies dermatologiques pour ne citer que ces paramètres en font un outil thérapeutique extraordinaire et peu coûteux de surcroît.

Dans la première stratégie que je décris dans « Le bonheur ou le stress, la décision de chaque instant«  qui est celle de l’attention juste, les techniques explicitées font directement référence à la pleine conscience.

Cette capacité d’être présent sans filtres, sans jugements, et sans attentes (cette dernière des trois conditions étant la plus difficile) est le chemin pour être heureux.

En effet les pensées automatiques de jugement, de comparaison, d’interprétation ont tôt fait de nous plonger dans des émotions aussi destructrices que l’anxiété, l’énervement ou la déception.

La pleine conscience change donc notre rapport d’avec nos pensées, améliore la flexibilité mentale et stoppe la rumination si caractéristique des pathologies mentales.

Mais la pleine conscience n’est pas qu’un outil thérapeutique extraordinaire, c’est aussi une finalité en soi, une attitude existentielle car non seulement on y trouve un entraînement cognitif essentiel mais aussi un développement du ressenti corporel et donc un développement de la conscience d’être, ce qui nous mène tout droit au bonheur.

La sensualité que je présente comme la troisième stratégie du bonheur découle directement de la pleine conscience. Cet effet de la pleine conscience n’est pas encore étudié mais on pourrait y trouver là une des clés du bien-être.

Au plus la conscience de notre corps et de notre environnement se développe grâce à l’entraînement de la pleine conscience, au plus nous devenons sensibles aux stimulations sensorielles et au plaisir qu’elles nous apportent.

Respirer, sentir l’air et ses parfums, le mouvement de son corps nous ramènent au présent oui, mais surtout nous apportent des sensations agréables et nous font ressentir le « plaisir d’être » vivant, d’être en connexion permanente à notre environnement grâce à nos cinq sens.

La méditation de la pleine conscience n’est donc pas une simple méditation sur la présence à « ce qui est », ce qui serait déjà extraordinaire tant les effets, nous l’avons vu, sont fabuleux, c’est aussi et surtout une ouverture à ressentir et jouir de « ce qui est », à la manière d’un enfant toujours émerveillé, à la manière d’un artiste en communion avec la beauté, à la manière d’un amant amoureux de l’univers.

Un jour Krisnamurti, sans doute un des plus grand maîtres de la pleine conscience, marchait dans la campagne en Inde et témoignait à la vue d’un cortège de moines passant sur le chemin et récitant des mantras et étant pleinement présent à leur marche et leur chant : « Ont-ils vu ce ciel majestueux au-dessus de leur terre, se sont-ils extasiés sur le rouge de ces montagnes dans le coucher du soleil, ont-ils pu jouir de ce parfum unique à cette heure de la journée, de cette qualité de lumière et de ce vert merveilleux que l’on voit en cet instant ? En ont-ils seulement profité ? »

Et vous ? A cet instant, quittez votre regard de cet ordinateur et ouvrez vos sens… Que voyez-vous ? sentez-vous ? entendez-vous ? ressentez-vous ? 

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Votre mission de pleine conscience n°7 (suivi de notre atelier)

bannière académie cours pc

Nous voici arrivés à notre 7° mission !

Avez-vous bien pris l’habitude d’ d’étiqueter les pensées ?

Il vous deviendra ainsi de plus en plus évident que vous n’êtes pas vos pensées et que vous pouvez facilement prendre de la distance avec le penseur, avec votre juge, votre plaintif ou votre critique intérieur 🙂

Voici maintenant notre 7° mission si vous l’accepter :

Votre mission est de pratiquer cette méditation guidée une fois par jour.

Cette méditation guidée avec ma voix est en musique et contient plusieurs processus hypnotiques puissants qui ont pour but de vous mettre dans un état de profonde détente et relaxation.

Elle a également pour but de vous connecter à l’infiniment petit et l’infiniment grand et ainsi de vous procurer le sentiment d’unité totale dont parlent les maîtres spirituels , celui là même que vivent les grand méditants.

Pratiquez-là dans un endroit calme ou ne serez pas dérangé (elle dure 32 minutes). La meilleure position est couché. Vous pouvez l’écouter quand vous le désirez mais sachez que les meilleurs moments sont le matin et le soir.

Ecouter et télécharger la méditation

Bonnes méditations !

Eric

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