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Interview par une journaliste de Bio Info

Interview par une journaliste de Bio Info

Voici une interview de moi qui a été publié dans le journal Bio Info en juin 2008. Je suis retombé dessus par hasard et en la relisant, je trouve qu’elle résume les grands principes de ce site 🙂

1. Votre ouvrage est intitulé Le bonheur ou le stress, la décision de chaque instant. Gérer son stress, au quotidien, permettrait, selon vous, d’accéder au bonheur ? Un bien grand mot que celui du « bonheur »….dans ce contexte, non ?

Ce que je propose à travers ce livre et les techniques qui y sont expliquées c’est non pas de simplement gérer son stress, ce qui est déjà bien, mais d’aller beaucoup plus loin et de vivre sans stress. Hors vivre sans stress, c’est vivre dans la sérénité et le bonheur.. cela peut paraître impossible et pourtant certaines personnes y arrivent.
Evidemment le défi est énorme. Mon pari qui est aussi celui de la plupart des grands enseignements spirituels est d’arriver à vivre sans stress dans un monde hyper stressant et nous en sommes tous capables. Le vrai bonheur est un état sans stress.

2. Vous êtes spécialiste de l’apprentissage des stratégies du bonheur. Le bonheur, cela s’apprend ? Comment ?

Le bonheur ne s’apprend pas car c’est l’état d’équilibre naturel de l’être humain. Par contre l’aptitude au bonheur,
c’est à dire la capacité à vivre de manière saine et équilibrée en pleine conscience s’entraine. Le bonheur est ce
que nous ressentons naturellement quand nous ne sommes pas conditionnés au malheur.

Tout le monde souhaite vivre le bonheur mais tout le monde est très doué pour réussir à être malheureux comme disait avec humour Watzalwick dans Faites vous même votre malheur. Mon approche est qu’ avant de vouloir apprendre à être heureux il faut d’abord vouloir désapprendre à être malheureux.. car nous avons appris le malheur à notre insu depuis tout petit, en quelque sorte nous avons étés conditionnés au malheur.

Il faut donc comprendre le malheur et si on y regarde de plus près le malheur est une construction mentale et une suite de mauvais choix cognitifs et comportementaux qui déclenche une série de mécanismes biologiques qui donnent ensuite naissance à une véritable dépendance chimique au émotions négatives, c’est à dire au malheur. Si nous nous déconditionnons du malheur, le bonheur est directement accessible et ce quelque soit notre âge, notre niveau de richesse, de santé, de savoir, car c’est l’état naturel de l’être humain. Un peu comme les nuages qui cachent le soleil, si on chasse les nuages, on se rend compte que le soleil était toujours là.

3. N’est ce pas plutôt une question de philosophie personnelle, de prédispositions personnelles d’appréhension de la vie et de contexte personnel bien sûr en fonction des évènements fluctuants de la vie… ?

Tout cela joue beaucoup effectivement dans notre perception du monde et de nous mêmes. Cependant le
bonheur ne dépend en rien des évènements fluctuants de la vie. Le conditionnement au malheur commence par
la croyance que le bonheur s’acquiert à l’extérieur de nous (par l’accession à une situation affective, familiale,
professionnelle ou la possession de privilèges etc ..). Sauf cas extrêmes le bonheur est accessible à chaque
instant, ici et maintenant, pas ailleurs ni plus tard quand tel ou tel problème sera résolu ..

4. En deux mots, qu’est ce que la « nouvelle psychologie positive », encore peu connue en Europe et que faut-il retenir de celle-ci ?

Pour valider les stratégies que je développe je me suis basé sur la psychologie positive mais aussi sur les recherches en Intelligence Emotionnelle, sur le stress et sur la thérapie du mind fullness testé avec succès dans certains hôpitaux en Flandres et même maintenant à l’hôpital Erasme.

La psychologie positive a ceci de spécifique et d’extraordinaire qu’elle étudie ce qui rend les gens heureux. La psychologie classique a étudié pendant des décennie le malheur et a répertorié les maladies mentales, la psychologie positive étudie quand à elle la « santé mentale ». Pour ces nouveaux psychologues la santé mentale ne se limite plus à la seule « réduction des troubles neuropsychiatriques ». Comme le dit lui même le président de l’Association américaine de psychologie et le créateur de la nouvelle psychologie positive « Il ne s’agit plus d’aider les gens à passer de – 5 à 0 sur l’échelle de satisfaction, mais à permettre à chacun de passer de 0 à + 5. ». Toutes ces recherches sont fascinantes et préfigurent un avenir passionnant.

5. En résumé, quels sont les points essentiels des dernières recherches et trouvailles dans le domaine des neurosciences, et bien sûr, sur lesquelles vous vous appuyez pour mettre au point votre approche pédagogique du bonheur ? Votre modèle psychologique du bonheur ?

J’avoue que le « modèle psychologique du bonheur comme il est formulé me fait un peu peur… N’est ce pas réducteur ? : la formulation en tant que telle me semble réduire la complexité de l’homme…

Le modèle psychologique que je propose a plus pour intention de résumer les différents concepts du livre que de vouloir définir l’homme dans un cadre restreint. De plus j’ai constaté qu’à ce jour il n’existe aucun modèle psychologique du bonheur. J’espère que mon modèle contribuera a faire avancer la recherche appliquée. Les concepts que je développe pour ce modèle trouvent toutes leur références dans les dernières recherches notamment en neurosciences et dans le cadre de la psychologie positive. Nous n’en sommes qu’au début des recherches en ce domaine mais déjà citons la création d’une mesure physiologique – observable dans le cerveau – du bonheur, une mesure en temps réel – faite auprès d’un panel très varié de personnes et validée scientifiquement – de la perception du bonheur ainsi que la corrélation de plusieurs variables, telles la situation financière, sociale et affective, avec le niveau de bonheur mesuré.

La psychologie positive et ces travaux viennent aussi démontrer au moins quatre assertions du livre :

  1. l’importance de décider d’être heureux,
  2. l’importance fondamentale du lien humain et de la contribution (la quête de l’amour),
  3. l’importance du plaisir dans l’épanouissement et non dans le bonheur lui-même
  4. et enfin, le fait que le bonheur dépend de facteurs internes et non externes.

6. Le point essentiel de votre pensée est ce lien entre sciences et spiritualité que vous tentez de faire pour aider une personne dans sa quête de bonheur..

En effet, être heureux demande de développer sa conscience et l’amour total, notions qui sont traditionnellement du domaine de la spiritualité bien que la science commence à aborder ses notions. Etre heureux, c’est être dans la pleine conscience, dans l’amour, dans le lien l’infini. Etre heureux c’est donc être religieux, c’est à dire reli-gare, relié , et non a-liéné. On peut évidemment être athée ou n’appartenir à aucun système religieux et cependant être profondément religieux.

7. Comment conciliez-vous sciences et spiritualité(s), totalement opposés ?

Le bonheur est le point de jonction entre les deux. Le bonheur n’est plus l’apanage des religions ou de la
philosophie, il commence à être étudié en laboratoire, c’est tout à fait passionnant !

8. Vous sous-titrez votre ouvrage : 6 stratégies pour rester zen dans un monde en folie…En deux mots ?

Le vrai challenge dans le monde hyper stressant d’aujourd’hui est de rester serein au milieu de tout cette folie. S’isoler en haut du montagne pour trouver la sérénité est facile. Trouver la sérénité ici dans ce chaos est un vrai défi, un défi de chaque seconde.. des stratégies spécifiques sont nécessaires pour cela.

9. Le monde est malade, oui. Quelle est la plus grande maladie du monde en ce XXIe siècle extrêmement perturbant et perturbé ?

S’il fallait résumer en un mot la cause de toutes les souffrances et les horreurs que nous voyons, je dirais l’inconscience.

L’inconscience qui fait que nous cherchons le bonheur à l’extérieur de nous, que nous confondons plaisir et bonheur, désirs et réels besoins pour être heureux et que cela ne nous amène que frustrations et stress, donc souffrances, donc malheur. L’inconscience qui fait que nous réagissons tels des chiens de Pavlov à nos pulsions, nos hormones et nos conditionnements mentaux et qui nous empêche de vivre librement et en pleine conscience le présent.. là ou seul le bonheur se trouve.

Interview réalisée par Carine Anselme, journaliste

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